lundi 27 septembre 2010

Le Corbeau et le Renard


French people don't accept compliments as easily as Americans. For some, saying "merci" feels vain. Reluctance to appear boastful is combined with a suspicion that le flatteur has an ulterior motive.

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l’odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
« Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. »
A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s’en saisit, et dit : « Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. »
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

Plusieurs questions se posent:

Peut-on donner une leçon à quelqu’un au prix de l’humiliation ?
Le renard ne prend-il pas un malin plaisir à s’acharner sur sa « victime », en profitant de sa victoire?
Ne serait-ce pas au corbeau de tirer lui-même la leçon de ce qui vient de lui arriver ?
Pourquoi La Fontaine a choisi que la morale de sa fable soit énoncée au corbeau par le renard lui-même, alors que son action n’est pas morale à 100% ?

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Quand j'étais au lycée mon prof de français fait le classe mémoriser et de réciter ce poem! Je ne suis pas sur si je pouvais encore le faire, mais il est un de mes préférés!

Le fabuleux blog de Khadija a dit…

Cela me rappelle bien des souvenirs.